Camille Messager
Pour faire apparaître les formes et les surfaces sur la toile, je tente d’être au plus près d’un trait naturel, presque à la manière d’une écriture automatique mais en gardant la conscience alerte. Le coté implacable de la matière crée un processus d’altérité de mon existence face à celle du tableaux.
Les paysages sont souvent de petits formats carrés (30x30 cm) sur lesquels sont peints des paysages de campagnes, de montagnes, des lieux ordinaires ou immenses comme si il s’agissait d’en prendre la mesure en nous renvoyant à notre propre échelle. Ce sont des paysages d’imagination. Tout en étant proche de l’image de la réalité, je ne cherche pas à peindre un paysage réaliste mais plutôt à créer une image qui corresponde au souvenir, et à l’image que crée le mental pour « l’image paysage ». Si des figures humaines viennent habiter le paysage, elles le feront de la même manière : dans un entre-deux monde, entre une possibilité du monde réel et celui du rêve.
Je cherche à éprouver les limites de la matière et de la couleur dans le but de découvrir la peinture en tant que phénomène et tenter d’obtenir une énergie et une lumière immanente à la peinture elle-même.